Le comité
de rédaction d’Espaces
Libres - journal a retardé de janvier à mars la parution du 6ème
numéro, afin de prendre du temps pour travailler sur le projet du train suisse,
au terme d’une
enquête aussi minutieuse que possible. A l’issue de
ce travail, nous avons rédigé cette note
technique.
DU REVE A LA
REALITE, un cheminement difficile mais pourtant utile.
La notion
de développement durable s’applique
aussi aux finances publiques, pour les générations futures qui géreront
l’héritage.
Nous sommes tous favorables à des projets de déplacements doux et donc
écologiques, à Espaces Libres aussi; nous ne pouvons que souhaiter leur mise en
place, mais dans des conditions financières et techniques compatibles avec la
réalité.
SOURCES UTILISEES POUR REDIGER
CETTE NOTE :
* Le guide du référentiel
technique, relatif à la sécurité de l’exploitation des chemins de
fer touristiques, du STRMTG (Service technique des remontées mécaniques et des
transports guidés ), juin 2004. Document disponible sur le site du Ministère de
l’Équipement.
* Articles parus dans la
presse suisse ( 24heures.ch ) sur l’historique des démarches de la
compagnie des transports lausannois : 13 avril, 25 novembre, 16 décembre
2005
* Article Europe & énergie
( les économies d‘énergie des collectivités
locales grâce aux déplacements doux et à la maîtrise énergétique des bâtiments
communaux ), revue Europe & territoires, pour ce qui concerne les fonds
Interreg 2003-2007.
* Discussion avec un maître
d’œuvre - organisme notifié - en
équipement, ingénierie et maintenance de transports et remontées mécaniques,
intervenant sur plusieurs sites français.
1/ L’AMIANTE
Quelle que soit la concrétisation effective ou pas du projet ferroviaire,
le matériel restera acquis à la commune et occasionnera un coût de désamiantage,
de traitement et de stockage des déchets très important. L’actualité récente montre bien
à quel point il est difficile de trouver des solutions pour venir à bout des
équipements amiantés, et arriver à les faire prendre en charge. Il convient de
rappeler qu’en avril 2005, la compagnie
des transports suisses ne cherchait qu’un musée pour la reprise du
matériel et qu’elle était déjà fort ennuyée
car devant s’occuper du désamiantage. Aucun
autre repreneur que la commune de Villard
ne s’est manifesté pour reprendre
le matériel en envisageant une remise en circulation; il y a peut-être une
raison à cela.
2/ L’ETAT DU
MATERIEL
Il est vrai que les trains à crémaillère anciens ont une durée de vie
assez longue dans la mesure où ils restent en place à l’endroit où ils ont été
installés. Toute opération de démontage fait subir à des équipements métalliques
de telles modifications de structure qu’ils deviennent la plupart du
temps impossible de les remonter selon leur configuration d’origine. La ferraille bouge
automatiquement. En l’état actuel des
informations, en outre, il est difficile de connaître l’état réel de fatigue du
matériel suisse. Deux éléments se surajoutent au problème déjà existant et
l‘accentuent : l’amplification prévisible de la
déformation du matériel en raison de l’opération de désamiantage et
les modifications indispensables pour que le matériel s’adapte à un environnement
géologique et de terrain différent ( par exemple, l’ altitude 1000 m imposant
d’autres caractéristiques pour
le traitement de la neige ).
3/ LA NECESSAIRE ADAPTATION DU
MATERIEL AUX NORMES FRANCAISES ET EUROPENNES
La directive européenne 2009CE qui concerne les matériels de plus de 30
ans d’age établit la nécessaire
conformité des matériels roulants à la réglementation du moment, et non plus
uniquement à celle de la date de mise en circulation.
Il est très important
de souligner que la Suisse ne fait pas partie de l’Union européenne; la
réglementation est très différente non seulement de l’Union européenne, mais
également de la France, pays où légalement les compétences en matière de
circulation des trains est confiée à l’Etat, avec une compétence
décentralisée des régions.
La tradition suisse est celle
d’une multitude de petits trains privés, exploités par des
petites collectivités locales, avec de faibles contraintes (par exemple sur les
vitrages).
En France, seules quatre exploitations de cette nature
existent.
De nombreux projets ont vu jour mais sans aboutissement; il y a une
raison à cela. Nous ne sommes pas meilleurs que les autres, ni au-dessus des
lois françaises et des directives
européennes.
4/ LE
FINANCEMENT
Les fonds européens Interreg 2003-2007 permettent de déclencher de
nouveaux financements pour des études, certes, mais au-delà pour le financement
du projet proprement dit seul un dossier parfaitement d’aplomb techniquement suite à
un travail d’au minimum une à deux années
pourrait peut-être trouver un aboutissement favorable ( carotage du terrain,
explorations géologiques, relevés topographiques, pré étude dossiers
d‘expropriations publiques,
tracés urbains, passages à niveaux etc . ).
Les fonds européens du nouvel
agenda 2007-2013 laisseraient espérer un financement au mieux à hauteur de 15%, en raison des
priorités accordées aux nouveaux pays entrants. Les montants issus de la
redevance restent de toute évidence marginaux et ne prouvent aucunement
qu’une perspective sérieuse de
financement existe.
Il est assez surprenant de
constater qu’une étude est effectuée
actuellement sur le Plateau du Vercors concernant les déplacements doux,
financée par l’Europe, et qu’aucune concertation avec ce
travail n’a eu lieu de la part de la
Mairie de Villard.
Un accord du Préfet de région
est indispensable; est-il raisonnable de devenir propriétaire de 3 locomotives
et 7 wagons alors que nous ne connaissons pas sa réponse ? Partant, comme
l’article du DL et des Affiches
le spécifiait : il restera à solliciter les aides départementales et régionales,
non acquises à ce jour, alors même que la propriété du matériel sera effective
dès fin janvier, avec toutes les conséquences évoquées au paragraphe
1.
Villard de Lans, le 7 janvier
2006
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